Mise en place d’un système de contrôle dans une usine de bois lamellé-collé

Mise en place d’un système de contrôle dans une usine de bois lamellé-collé

Récemment, une entreprise de fabrication de bois lamellé-collé a fait appel à l’expert bois Damien Lévêque pour qu’il les aide à mettre en place un système de contrôle en usine. Cette société fabrique des poutres techniques en lamellé-collé, utilisées notamment dans les constructions de bâtiments comme des hypermarchés. 

Contexte de l’intervention de l’expert bois

Cette usine avait besoin d’un expert bois comme Damien Lévêque, dans le cadre de la mise en place du marquage CE selon la norme NF EN 14081:2013. En effet, une entreprise doit fabriquer ses produits selon des normes précises : pour le lamellé-collé, cette norme est en vigueur depuis 2013. En fonction des enjeux de sécurité liés à la sensibilité de ce qu’elle fabrique, elle est amenée à être contrôlée de façon plus ou moins récurrente. 

Ces poutres sont des produits très techniques ; elles sont composées de petites lames de bois collées les unes aux autres. Le FCBA (Centre technique du bois) est chargé de vérifier que cette usine respecte scrupuleusement la norme relative à ces produits : c’est ce que l’on appelle un organisme certificateur. Il effectue ainsi une à deux fois par an tout un cycle de contrôles, auquel il est essentiel de se préparer. 

En effet, l’usine se doit de suivre un protocole précis de contrôles réguliers de la fabrication de ses poutres, de les enregistrer et de s’assurer que les résultats sont pertinents en regard de la norme. Si un défaut est détecté lors des contrôles qu’elle applique à sa chaîne de fabrication, l’usine doit apporter les actions correctrices nécessaires. Parmi les paramètres vérifiés sur de telles poutres, on relève par exemple le taux d’humidité du bois, sa résistance mécanique, etc. De tels tests peuvent conduire à utiliser un bois plus sec, à changer le type de colle utilisée, ou même le type de bois.

Mise en place d’un système de contrôle CPU

Damien Lévêque (Expertisebois) a donc mis en place le système de contrôle CPU. L’objectif est de déterminer qui fait quoi, à quel moment, avec quel outil et selon quelle fréquence. C’est donc un véritable manuel qualité qui est conçu alors en partenariat avec les équipes de l’usine. Lors de son contrôle, l’organisme certificateur vérifie justement qu’il existe bien un CPU. 

La mise en place du CPU se fait une fois pour toutes, néanmoins elle doit vivre avec l’évolution de l’entreprise. Par exemple, si une nouvelle machine intègre l’usine, elle doit être prise en compte, car le système de production doit être mis à jour à chaque changement : outil supplémentaire, nombre de salariés, etc. Il doit évidemment aussi être revu si la norme harmonisée évolue : par exemple la norme s’appliquant à ces poutres, qui date de 2013, pourrait parfaitement connaître une mise à jour fin 2020 ou en 2021. 

Il est important de savoir que, sans la certification de marque CE, une usine ne peut pas mettre ses produits sur le marché. Elle peut tout à fait fabriquer des poutres en lamellé-collé, stocker cette production et l’utiliser dans le cadre d’une pose qu’elle assurerait elle-même, sans avoir besoin d’une certification. Cependant, le marquage CE sert à valider la qualité des produits dès l’instant que l’usine les vend. Si la pose est assurée par une autre entreprise, alors l’usine qui vend son produit transfère le risque : elle est obligée de produire selon la norme rattachée au produit en question.

Déroulement de la mission de l’expert bois

La mission de Damien Lévêque s’est déroulée en plusieurs étapes :  

  1. Découverte de l’entreprise : passé, historique, type de produits fabriqués, nombre d’employés…
  2. État des lieux : audit à blanc (informel) de ce qui existe déjà en termes de contrôles. Comparaison des procédures en place avec celles attendues par la norme. 
  3. Rédaction du CPU (manuel de contrôle de production en usine).
  4. Mise en place physique du contrôle de production, avec les supports de contrôle et d’enregistrement.
  5. Phase préparatoire à l’audit final : vérification que tout fonctionne correctement et réalisation d’un nouvel audit à blanc, en se mettant dans la position de l’auditeur final.
  6. Accompagnement de l’usine pendant la phase d’audit réel par l’organisme certificateur.

Actuellement, une quinzaine d’entreprises de ce secteur sont certifiées par FCBA. Le même genre de système s’applique pour les entreprises qui fabriquent des charpentes industrielles, des panneaux en contreplaqué, ou d’autres types de poutres techniques : en fait, pour tous les produits à base de bois ! Damien Lévêque peut donc également être contacté par des fabricants de mobilier, ou toute entreprise qui produit des articles en bois : dès l’instant qu’il y a une norme de référence à appliquer, alors il est l’expert tout trouvé !

Damien Lévêque intervient aussi auprès des artisans et des particuliers : voir l’article « Expert bois, mais aussi médiateur ».